Le Père Noël, le loup et la petite fille
Nadine P.
« Des jouets, partout des jouets… Pourquoi tant de jouets ? Y a-t-il assez d’enfants pour tous ces jouets ? Croit-on que le goût de jouer soit, chez l’enfant, universel et constant ? Ce n’est pas tout à fait sympathique, un enfant qui joue sans trêve, passe d’un jeu ou d’un jouet à un autre, s’intoxique de simulation, de chimère, de grandiloquence. Ce n’est absolument pas normal. »*
Cette constatation n’est pas de moi, mais de l’écrivaine Colette, texte écrit en 1920. Je dis sans retenue que la situation ne s’est pas arrangée.
Une collègue nous a rapporté en riant que son neveu de 5 ans a mis dans sa liste de Noël un téléphone portable. Moi, ça ne m’a pas fait rire, ça m’a fait peur.
Quand le brouillard a tout envahi autour de mon immeuble, il m’a donné envie de fouiller dans ma bibliothèque et de relire dédicaces, livrets, quelques poèmes et nouvelles ou autres textes courts me permettant d’aller d’un livre à l’autre sans voir le temps basculer vers la nuit.
J’ai soustrait d’une étagère un album que j’aime énormément, celui d’Yves Jaffrennou Le loup et la petite fille et j’ai eu immédiatement envie de le partager, j’ai également songé aux cadeaux prochains et à cette bonne idée soufflée qui serait de le glisser sous le sapin. Il date de 2015, est-ce trop « vieux » pour être déjà oublié ?
Ô drame, les chérubins n’auront peut-être pas les jouets en plastique et jeux indispensables venus d’Asie dans un mois, c’est ce qu’on dit dans le poste.
Ô joie, ce livre tenant peu de place et facile à commander dans une bonne librairie fera très bien l’affaire.
Il va sans dire que le message voulu par Yves dans son texte n’est pas anodin et que je ne le laisse pas de côté. Ses mots penchés en dédicace amicale me disaient et me disent encore : « Cet album pour toi, je sais que les différences te sont des richesses. »
Quand le bruit du monde est fort, assourdissant, si un album peut dire les mots qu’on ne sait pas forcément dire, le Père Noël aura bien travaillé !
Comme les « grands » trépignent, j’ai songé à ce petit coup de cœur Vivre (un poème pour) de Benoît Jacques éd. de l’auteur. Une simple et douce caresse…
Ce soir ça sentirait presque le bois qui claque dans la cheminée et le chocolat qui fume dans le gros bol. J’aime.
Note :
* tiré de Cadeaux de Noël Textes choisis et présentés par Frédéric Maget, éd. de l’Herne. Citation de Colette journaliste éd. du Seuil.
Bibliographie
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Yves Jaffrennou, Le loup et la petite fille, © Rue du Monde
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Benoît Jacques, Vivre (un poème pour), © Benoît Jacques