Illégitime
Nadine P.
Lorsque je participais aux écritures de l’APA ou d’Aleph durant le confinement, je percevais la distance.
Espace, pas parisienne.
Intellectuelle, pas lu Proust, comment diable est-ce possible ?
Niveau social, pas de détails à évoquer là.
Pensées furtives ou épinglées à mon matin d’écriture, je revenais cependant avec les mots, l’envie, un partage à longue vue de ce qui fait un socle commun. La poésie, l’émotion, les lectures ou les écrits personnels.
Parfois je voulais fuir en me demandant comment, dans cet univers, être légitime.
À mon retour, le désir était toujours aussi fort et naïf. Évoquer des carnets, des chemins, des scènes de vie et de « vraies gens ». Je refoulais donc pour un temps la crainte de ne pas être de certains mondes frôlés et j’écrivais, j’écrivais encore. J’oubliais, je respirais le même air que toutes et tous.
Je ne connais pas toujours les auteurs dont vous parlez, mais est-ce si important ? Je vois en ce lieu de rencontres, car c’est un vrai lieu pour moi, des mots qui se croisent et espèrent, des écrivains que nous aimons ou des textes que nous nous conseillons mutuellement, des films que nous évoquons et après lecture d’un billet, que nous courrons voir sans réticence. Un monde qui transparaît avec nos différences respectueuses.
Les hésitations à poursuivre reviennent à ma porte, mais je l’ouvre à nouveau.
Un jour je m’éclipserai peut-être, sans rien ajouter.
Samedi 29 je ne pourrai être parmi vous pour la table ronde de l’APA à propos des blogs. J’y ai été conviée, mais voilà, Paris, c’est si loin… J’espère que je n’ai pas songé à ma place dans cette communauté bienveillante et culturelle et à ma crédibilité pour y renoncer. Je ne crois pas. J’aime trop les mots, vos mots pour craindre de vous rencontrer. Bonne rencontre !
