Nos Journées et mes promenades lyonnaises
Bernard M.
Je suis dans le train qui file vers Toulouse et j’en profite pour fixer quelques moments de ces derniers jours.
Nous étions à Lyon pour les Journées de l’APA, des Journées déjà largement évoquées sur ce blog notamment par Pierre et donc je n’y reviens qu’à peine. Et on lira moult articles les concernant dans le numéro d’octobre de notre revue La Faute à Rousseau. Je les ai trouvées fort intéressantes sur une thématique, celle du Temps, qui n’était pas facile à traiter car assez abstraite. Les interventions aux tables rondes étaient très solides, j’ai personnellement particulièrement apprécié l’approche psychologique très concrète, à partir du vécu de ses patients, donnée par Sophie Braun. J’ai beaucoup aimé la soirée autour de Christine Pascal qui m’a fait découvrir la personnalité et l’œuvre de cette actrice et réalisatrice un peu trop oubliée. J’ai moins aimé la soirée de lectures des textes de l’APA, c’était un peu long et surtout trop immobile. Sans même parler de lectures théâtralisées comme on a pu en réaliser parfois, il me semble qu’il faut au moins, lire debout, bouger un minimum, faire ressortir les moments cruciaux, prendre le public à témoin. C’était dommage pour les textes présentés.
Comme toujours ce qui fait la richesse des Journées c’est aussi tout ce qui se passe en dehors des tables rondes, dans les réunions en effectif plus restreint, en atelier ou en cartes blanches, qui permettent plus facilement l’expression de chacun ainsi que dans les échanges conviviaux pendant les repas ou entre les réunions. Cela était facilité cette année par le lieu où nous étions qui permettait de loger sur place et qui disposait en outre d’un jardin, certes de taille réduite, mais fort agréable. L’atelier externalisé était cette année une marche à la découverte des fresques murales, évoquant les villes du monde et les cités idéales telles qu’avait pu les penser l’urbaniste Tony Garnier, qui décorent nombre d’immeubles de ce quartier d’habitat social. Je me suis régalé de cette promenade qui avait en outre l’avantage de nous permettre de marcher un peu et d’activer nos membres un peu fatigués des positions assises.
Le dimanche soir ceux des participants qui restaient ont profité de la ville en plusieurs petits groupes. Je connais un peu Lyon pour y avoir vécu quelques années autour de 1970 et j’ai eu plaisir à piloter l’un des groupes. Nous avons remonté la presqu’île depuis Perrache. Place Bellecour on a été confronté à l’excitation pas très agréable (euphémisme) de groupes de Turcs fêtant la victoire d’Erdogan et surtout à des véhicules tournant autour de la place à toute allure en klaxonnant à tout va et quasiment sur le mode rodéo urbain. Nous avons rejoint avec plaisir les bords de Saône plus paisibles, magnifique lumière du soir sur les pentes de la Croix-Rousse et de Fourvière, nous avons franchi la Saône par la passerelle et déambulé dans le vieux Lyon. Je les ai conduits jusqu’à la boutique de l’horloger de Saint-Paul et j’ai fait un pèlerinage rue Juiverie jusqu’à la maison où j’ai vécu alors. Désormais toutes les entrées sont barricadées par des codes et l’on ne peut plus découvrir les « allées » comme disent les Lyonnais, ni les escaliers et les petites cours intérieures, ce qui est bien dommage. Nous avons terminé dans un agréable bouchon, avec quenelles, andouillette, fromage blanc à la crème et le pot de beaujolais bien sûr…
J’ai prolongé mon séjour lundi et mardi chez des amis lyonnais, des amis de cinquante ans, des amis de ces années militantes d’après 68. J’ai évoqué avec A., l’un de nos tout premiers contacts sur place, cette première soirée que nous avions passé ensemble. Après un pot assez bref dans un quelconque café, nous avions continué notre discussion pendant des heures en faisant plusieurs allers et retours entre Rhône et Saône sur le cours de Verdun à la hauteur de la gare Perrache qui n’était pas alors masquée par l’horrible pavé de la gare routière et des parkings. Le cadre venu de Paris, ne voulait pas lâcher le prometteur contact lyonnais avant de lui avoir déversé l’essentiel de la vulgate de notre courant politique. Bref le temps était encore de la partie !
Internet