Égalité ?
Kata
Sommes-nous tous égaux ? La question se pose. Mais d’abord, de quelle égalité voulons-nous parler ? De toutes, bien sûr, mais surtout homme-femme.
…
Il continue à faire chaud, très chaud, et ça va encore durer. Je sors peu, le strict minimum pour faire mes courses, même si je ne mange pas grand-chose, je mange quand même un peu et un frigo vide ? Ça ne le fait pas. Téléphoner pour me faire livrer les repas à domicile ? Non merci, j’aime bien choisir ce que je vais acheter, le nom d’un produit ou une photo ne suffit pas, il faut le regarder, parfois le tâter, avant de se décider. C’est ainsi que j’ai découvert des petits abricots français, mûrs à point, ils ne payaient pas de mine, certes, mais ils étaient délicieux (étaient = j’ai tout mangé). Bon, petite diversion nourricière.
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Où est l’égalité ? Je peux encore sortir malgré mon âge avancé. Je pense à toutes celles et tous ceux qui vivent en EHPAD, ou qui, cloitré.es par la maladie ou le handicap, dans leur maison ou appartement, attendent avec impatience l’arrivée d’un proche ou d’une assistante de vie, qui pourra, le temps d’une visite, combler le vide relationnel.
L’autre jour, j’étais à un arrêt de tram. Il y avait du monde, il faisait déjà très chaud. Un tram arrive, le A, qui dessert les quartiers sud, toujours plein. Il stoppe, les portes s’ouvrent, des gens se précipitent pour monter se mettre au frais, voitures avec clim, sans laisser d’abord sortir celles et ceux qui s’arrêtaient là. Bousculade, quelques cris et injures, une dame âgée, avec des béquilles, a failli tomber, des jeunes bien intentionnées la rattrapent à temps pour lui permettre de sortir tranquillement. Je constate que notre physique ne nous met pas à égalité, nous avons besoin, parfois, des uns et des autres pour ne pas nous faire marcher dessus. Dans le meilleur des cas, ça réussit, sinon, bonjour l’impression d’abandon.
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Vu que je sors beaucoup moins en journée, je me remets à regarder la télé l’après-midi. J’ai retrouvé les émissions d’accordéon et de danses. J’aime toujours autant voir les couples virevolter, souriant, heureux. Je parle de mes émotions à des amis, beaucoup plus jeunes, pour qui danser, c’est se tortiller en rythme. Bon, je rigole, je ne leur ai pas dit ce que je pensais de leurs exploits en trémoussements. Ils ne savent pas danser en couple. Je leur explique que l’homme dirige sa partenaire, c’est lui qui conduit, impulse le rythme, la fait tourner dans un sens ou dans l’autre, etc. Ils me regardaient avec des yeux ronds. Comment ? Et les femmes acceptent de se laisser conduire ? Je ris, j’ai tellement dansé, moi la rebelle, et je n’ai même pas envisagé la danse sous l’angle d’une domination masculine.
Je me demande s’ils ont raison ou pas. Et puis, à la réflexion, est-ce pour cette idée de casser le pouvoir masculin que les danses en ligne sont de plus en plus fréquentes ? Là, personne ne dirige, chacun est libre d’effectuer les pas, seul.e, appris, mais en cadence et bien ensemble, s’il vous plait.
Je vais rester avec mon interrogation. Où en est l’égalité homme/femme ? Le fait qu’une ministre en soit chargée a-t-il modifié quelque chose ? Ne soyons pas pessimistes, on va dire « ça dépend… s’il y a du vent… d’où il souffle… », s’il s’agit de féminicide, d’infanticide de répartition des richesses, de l’égalité des salaires, etc., on réfléchit. Pour imiter nos amis italiens, disons que :
chi va piano, va sano e va lontano
En gros, l’espoir fait vivre