Camping et nature : des premiers pas innocents à l’immersion profonde (souvenirs) (3/6)
Malcolm
De l’ex-Yougoslavie à l’Afrique : changement de décor
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Dans le prolongement de ces premières expériences de camping, après être passé de la tente canadienne « deux places » à la « trois places », je vais enfin accéder à la tente dite « familiale ». Mon ami d’enfance, Alain D., possédait lui une Canadienne « trois places » et sous la protection de celle-ci, avec un troisième larron, nous avions déjà franchi le Rhin à au moins deux reprises au début des seventies pour aller sillonner, toujours selon le même principe du « camp de base », et surtout en stop, la Forêt Noire et y perfectionner (parfois avec l’aide de copines bien attentionnées, on va dire au plan… pédagogique) nos acquis scolaires dans la langue de Goethe (la même que celle de Freud, d’ailleurs…). En 1973, toujours avec mon ami Alain, mais en compagnie cette fois d’un camarade de promotion vétérinaire, Daniel B., et surtout de celle qui allait devenir (et réussir à rester !) mon épouse, Nicole, nous avons franchi les Alpes (non pas à dos d’éléphant, mais en « Coccinelle »), traversé l’Autriche (où Daniel rencontrera sa future épouse, Margit), pour atteindre ensemble — et à nouveau pour moi — cette Yougoslavie titiste que j’avais à peine eu le temps d’entrevoir l’année précédente… Cette année-là, nous avons installé nos tentes au camping de Veli Lošinj à l’extrémité sud de l’île de Lošinj (elle-même située au sud de celle de Cres en mer Adriatique). La toile de Daniel était donc une « familiale » à 3-4 places (où l’on pouvait se tenir — presque ! — debout) qu’il partageait avec Alain, tandis que Nicole et moi dormions en amoureux dans la Canadienne « trois places ». Au camping de ce paradisiaque petit port de Veli Lošinj, nous nous sentions absolument au bout du monde et, finalement, nous n’en avons quasiment pas bougé ! Aucun désir du moindre tourisme alors. À cet âge-là, seuls semblaient compter pour nous les interminables bains de mer dans ces eaux couleur émeraude, merveilleusement tièdes et transparentes, les inconscientes séances de crame au soleil (au mépris des potentiels futurs mélanomes… juste pour « revenir bronzé » de vacances), les dégustations de grillades locales bon marché (ražnjići et autres cevapčići) et les sorties tardives (parfois bien arrosées…) en boîte de nuit où le disco était déjà parti à la conquête de l’Est… Nicole et moi retournerons à Veli Lošinj en juin 2005 à l’occasion de notre 30e anniversaire mariage et c’est alors seulement que nous pourrons découvrir les merveilles de la côte dalmate et croate, de Rijeka à Dubrovnik, et pousserons même jusqu’à Kotor au Monténégro et Mostar en BosnieHerzégovine, ville qui portait encore alors les stigmates de cette terrible guerre des Balkans (1991- 2001) en défunte « République fédérative socialiste de Yougoslavie » : nous y fûmes marqués en particulier par la découverte de son tristement célèbre « Stari Most » (le « vieux pont »), brisé pendant la guerre en 1993 et reconstruit sous l’égide de l’UNESCO.
Après ces expériences initiatiques (quoique peut-être d’assez modeste intérêt) de mon insouciante jeunesse, me voici tout de même un peu « entraîné », et mieux équipé (j’ai moi aussi acquis une tente « familiale », à l’été 75) pour poursuivre cette belle aventure du camping, notamment le « sauvage », désormais en famille et — expérience naturellement très particulière — en Afrique. Je ne crains pas de le dire aujourd’hui, ma famille et moi (autant que ceux et celles de nos proches et amis qui ont pu les partager avec nous) avons eu une chance inouïe de pouvoir vivre ces moments privilégiés, désormais au cœur de la nature, dans tous les pays africains où nous avons séjourné. Nos sorties « sous la toile et sous les étoiles » pouvaient se faire tout aussi bien dans des Parcs nationaux (lorsque le camping « sauvage » y était encore parfois autorisé, ce qui aura été le cas pour le paradisiaque Parc de l’Akagera au Rwanda ou celui du « W », à cheval sur le Burkina, le Niger et le Bénin), ou bien à leur toute proximité, sinon — mais plus particulièrement en pays sahéliens — tout simplement dans des coins reculés d’une « campagne » peu habitée en dehors des villages et qualifiée de « brousse ». Nous avons ainsi passé nombre de nuitées, douces et étoilées, aux véritables tréfonds des pays où nous habitions.
Ces plongées en nature étaient toutefois toujours relativement brèves dans la mesure où les congés de mes différents séjours professionnels étaient pris en Europe (au cours de la période estivale de « chez nous ») et nos escapades d’expatriés ne pouvaient donc se faire que sur des week-ends ou des jours fériés, parfois prolongés par un petit pont. Nous avons bien sûr également pratiqué un tourisme plus classique en campements ou hôtels (dits « lodges », avec des éclaireurs-guides professionnels pour repérer et identifier les animaux rencontrés, ceci plus particulièrement lors des visites de nos parents âgés (mais aussi bien ceux de Nicole que ma mère — qui aura elle-même connu son baptême de campeuse « sauvage » à l’âge de 72 ans, deux ans seulement avant son décès… dans le Parc rwandais de l’Akagera — ont pu participer à certaines de nos — parfois très aventureuses… — escapades).
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