Récitations
Elizabeth L.C.
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Ma mémoire n’est plus ce qu’elle était, comme j’ai allègrement dépassé les trois quarts de siècle. Toutefois, je me souviens encore assez bien de certains textes, notamment des poèmes, appris par cœur à l’école primaire ou au collège. Longtemps, je me suis dit que cela pourrait être utile en cas de séjour en prison ou à l’hôpital. C’est ainsi que récemment me sont revenues les deux premières strophes d’un poème :
Le matin, je me lève, et je sors de la ville.
Le trottoir de la rue est sonore à mon pas,
Et le jeune soleil chauffe les vieilles tuiles,
Et les jardins étroits sont fleuris de lilas.
Le long du mur moussu que dépassent les branches,
Un écho que l’on suit vous précède en marchant,
Et le pavé pointu mène à la route blanche
Qui commence au faubourg et s’en va vers les champs.
Je n’avais plus aucune idée de l’auteur, mais comme on trouve tout sur internet, j’ai rapidement découvert que c’était Henri de Régnier (1864-1936), poète symboliste. J’aime beaucoup la première strophe, avec son « jeune soleil » et ses lilas (chaque printemps, je souffre d’un manque de lilas). La deuxième est moins heureuse, remplie qu’elle est de tautologies. Et la suite (il y a onze strophes en tout) est assez banale ; ce n’est pas de la grande poésie. Mais il suffit d’y prendre plaisir.
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Wikipédia | Henri de Régnier